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Quartier Rouge d’Amsterdam, la vie nocturne sans tabou

Si la capitale hollandaise est connue pour sa nature décomplexée, s’agissant de la célèbre feuille verte ou de prostitution, c’est notamment en raison de son Quartier Rouge, ledit Red Light District. J’ai eu l’occasion de passer du temps au cœur de l’activité nocturne d’Amsterdam.

La naissance du Red Light District

Situé le long de la rivère Amstel, De Wallen (Quartier Rouge) est un des plus anciens quartiers d’Amsterdam. Il est devenu un port majeur à partir du XIIIème siècle, avant de s’imposer comme étant le quartier des prostituées de la ville.

Autorisée, interdite, la législation hollandaise a beaucoup évolué, d’un point de la balance à l’autre selon les années, mais – tout comme pour le cannabis de nos jours – la prostitution a toujours été tolérée au sein de la zone. Arrivé en 1960, le racolage* devint interdit. Les lumières rouges indiquaient aux potentiels clients que des femmes étaient disponibles à l’intérieur. Aujourd’hui, cette couleur vive s’est emparée de l’ensemble du Red Light District, pour devenir l’égérie de la prostitution légale et encadrée dans le monde.

La légalisation de la prostitution aux Pays-Bas

La règle de la tolérance fut implicitement abolie en 2000, lorsque les prostituées ont finalement été autorisées à pratiquer leur métier légalement.

Cela implique un paiement de taxes pour les travailleuses du sexe, et un encadrement beaucoup plus strict de la part du gouvernement, puisqu’il est désormais quasi-responsable de la bonne tenue de l’activité érotique et sexuelle. Les prostituées doivent travailler sous le poids des pratiques et normes de travail de la législation hollandaise, ce qui leur confère nécessairement de meilleures conditions de travail. Des soins médicaux leur sont prodigués en cas de besoin, et elles n’encourent aucun risque en cas d’agression, puisque leur activité est inscrite dans la loi. Enfin, j’ai noté la présence du « Prostitution Information Center », en plein cœur du quartier, ayant pour objectif de leur venir en aide.

La Red Light District, cœur de l’activité nocturne

Aujourd’hui, le Red Light District, c’est : des femmes en vitrine, aux portes de maisons de prostitution, des sexshops, des clubs de strip-tease, hétérosexuels comme homosexuels, des boutiques de films pornographiques, cinémas et attractions sexuelles atypiques. C’est aussi des bars, les fameux « coffee shops » hollandais, la Vieille Eglise, et deux musées : le musée de l’érotisme, et le musée de la prostitution. Une manière ludique de nous en faire apprendre plus sur une activité non-consensuelle.

Concrètement, en arpentant les rives d’Amstel, on aurait l’impression de parcourir les rues d’un quartier de bars après une soirée trop arrosée, mais encore et surtout un univers dénué de tout complexe, où jeunes et moins jeunes gens viennent partager une bière, faire la fête et n’hésitent pas à répondre aux avances. Ainsi, si le sexe semble être l’attraction majeure, j’ai constaté qu’il est tout à fait possible de s’amuser et danser sans nécessairement prendre part à des activités érotiques.

Assurer la sécurité dans un « quartier chaud »

Le défi était d’assurer à la fois la sécurité pour les prostituées, mais également pour les touristes et clients amassés près des célèbres bâtisses. Aujourd’hui, on retrouve de nombreuses caméras quadrillant l’ensemble du secteur, des panneaux indicatifs pour les plus dubitatifs, et une présence constante de policiers prêts à intervenir. Chaque club de sexe possède ses propres agents de sécurité, qui n’hésitent pas à refouler les touristes venus photographier les femmes en plein travail.

Bref, je ne me suis jamais senti en danger dans le Red Light District. Les pires rencontres possibles sont communes et se résument à des personnes alcoolisées.  

Cependant, tout n’est jamais blanc ou noir. Nature humaine oblige, des abus subsistent. En 2019, la maire écologiste Femke Halsema a fait savoir son envie de déplacer les prostituées, en réponse à la délinquance et à la traite d’êtres humains, vers un endroit excentré du centre-ville (ce qui m’interroge : la mesure vise à protéger les prostituées ou les intérêts économiques d’Amsterdam ?). Une nouvelle mal reçue des professionnelles, qui ont massivement déclaré se sentir stigmatisées et vouloir perdurer au sein du Red Light District.  

Glossaire

Racolage : Action d’attirer des clients sur la voie publique en attirant des procédés peu scrupuleux (source : Larousse).

Finalement, bien plus qu’une visite, le Red Light District s’apparente à une véritable expérience unique, qui vous plongera dans le moment présent. En observant la vie autour de vous, de nombreuses interrogations vous traverseront l’esprit, et vous inviteront à remettre en question vos principes. Légaliser, criminaliser – quelle est la meilleure solution ?

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Benjamin

Instagram : benjamin_angot

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